4 Français sur 10 craignent les effets secondaires du vaccin H1N1. StreetPress interview le conseiller délégué chargé de la santé dans le 19e arrondissement.
« On va saisir le parquet la semaine prochaine. Le vice-président de notre association – qui est juge pour enfant – est en train de fignoler une plainte en bonne et due forme. » Attention, Serge Lebigot est très remonté ! Le président de l’association Parents contre la drogue, se prépare à la guerre avec Asud , un magazine engagé pour la politique de réduction des risques dans la consommation de drogues, et dont StreetPress est partenaire.
L’objet du scandale ? Un article paru à l’occasion du 50eme numéro de magazine, intitulé « On a testé pour vous 50 produits » . Un article dont quelques bonnes feuilles ont été reproduites ici , et qui expliquait au lecteur les effets ressentis après consommation de chaque substance de cette grosse trousse à pharmacie.
Ici la noix de muscade (oui, oui c’est un psychédélique) :
« Vous flotterez bientôt sur un petit nuage et serez envahi de visions extravagantes et très colorées comme lors d’un voyage sous LSD »
Asud, Ze Story Asud n’est pas un magazine comme les autres. Créé en 1992, c’est le magazine de l’association d’Auto support des Usagers de Drogues. Une organisation qui regroupe des consommateurs de drogue dans le cadre des politiques de « réduction des risques » mises en place par le ministère de la Santé.
La réduction des risques, c’est par exemple mettre à disposition des héroïnomanes des seringues stérilisées pour éviter les contaminations en tout genre. Asud travaille donc au contact des toxicomanes pour faire évoluer leurs pratiques et diminuer les risques pour leur santé. Postulat de départ : les consommateurs ne doivent pas être obligés de choisir entre le sevrage et la clandestinité mais incités à consommer plus sain. L’association a aussi lancé une pétition mi-décembre pour demander la fin de la prohibition de l’usage privé des drogues, signée par les parlementaires Jean-Luc Bennhamias et Laurence Cohen.
Le vice-président de notre association – qui est juge pour enfant – est en train de fignoler une plainte en bonne et due forme
Tutti Frutti « On demande aux Français de se sacrifier et pendant ce temps-là on subventionne des gens pour qu’ils se droguent. » Joint par StreetPress, Serge Lebigot ne décolère pas, et ne demande pas moins aux pouvoirs publics que de rayer la subvention annuelle d’Asud qu’il évalue à 400.000 euros. Le papa de 5 enfants âgé de 56 ans, qui se déclare « ni catho, ni intégriste, ni FN », de détailler le pourquoi de ses attaques :
« Dans leur article, il y a une explication sur comment fumer de la fibre de banane. Mettez-vous à la place de n’importe quel gamin, il va essayer. Ce serait dans un cadre confidentiel, mais là c’est sur leur site Internet. »
Mobilisation Les arguments potagers de Serge Lebigot auraient pu ne pas sortir de la sphère étriquée des producteurs de banane. Mais dans le sillage du président de Parents contre la drogue, c’est la droite dure qui se mobilise. Et c’est toute la politique de réduction des risques qui est pointée du doigt. Dans son édition du jeudi 10 janvier, Valeurs Actuelles consacrait « une enquête » de 3 pages à Asud titrée « l’apologie subventionnée. » Tandis que M. Lebigot se vante d’avoir reçu un courrier d’un député qui lui a promis de poser une question à propos du magazine lors de la prochaine séance de questions au gouvernement à l’Assemblée Nationale .
Sur StreetPress, Serge Lebigot met en garde Asud, en mettant en avant son réseau :
« En 2006 j’ai cosigné avec 185 parlementaires une demande d’enquête parlementaire sur le financement des associations de réductions des risques. »

épouvantail Joint par StreetPress, Fabrice Perez, cadre de l’association, assure qu’Asud ne craint rien sur le plan légal :
« En terme juridique, l’action du journal est encadrée par la loi du 15 avril 2005 qui protège les acteurs de la politique de réduction des risques du délit d’incitation à la drogue. C’est comme une bulle qui abroge la loi de 1970 pour les professionnels »
Mais il redoute qu’une mobilisation sur le dos d’Asud fasse reculer le gouvernement sur sa politique de réduction des risques, notamment les salles de shoot. « Ils veulent décrédibiliser le mouvement, nous faire endosser un rôle d’épouvantail. C’est difficilement explicable au grand public ce que l’on fait, alors ils en profitent, ils agitent l’épouvantail. »
Fabrice Perez a aussi peur que son association serve de caution à la gauche qui pourrait être tentée de faire un exemple pour montrer qu’elle n’est pas laxiste. Au pire, « en réduisant nos subventions. » Le militant en profite pour rappeler que l’association ne touche pas 400.000 euros comme le prétend Lebigot mais « plutôt 200.000 », dont une partie venant des labos pharmaceutiques. Moins grave, sous l’insistance des pouvoirs publics, le magazine avait dû supprimer sa baseline « le journal des drogués heureux » en 2005, après des attaques similaires.
En terme juridique, l’action du journal est encadrée par la loi du 15 avril 2005 qui protège les acteurs de la politique de réduction des risques
Edit du 11.01.13 M. Lebigot tient à signaler qu’il n’est pas à l’origine de la pétition de 2006. Sa citation a été en conséquence modifiée. Sa photo, non libre de droits, a également été retirée.
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